En Australie, un ancien dirigeant d’une entreprise technologique prétend avoir élaboré un moyen de recrutement efficace. Il s’appuie sur une simple tasse de café pour mettre en lumière un potentiel aspect rédhibitoire de la personnalité des candidats. Selon lui, cette méthode est infaillible. Cependant, quel est le véritable impact de ce test ? Pour répondre à cette question, nous nous sommes tournés vers François Gougeon, président et fondateur du cabinet de recrutement « Happy to meet you », basé à Rennes, en Ille-et-Vilaine.
Est-ce que le simple geste de choisir un café ou un verre d’eau peut faire échouer un entretien d’embauche ? En Australie, Trent Innes, un ancien chef d’entreprise de Xero Australia, une société technologique, a mis en place une méthode de recrutement peu conventionnelle. Selon Psychologies, lorsqu’il propose un verre d’eau ou une tasse de café à un candidat, cela a une signification cachée. C’est ce que l’on appelle le « test de la tasse de café« .
Le concept est simple. À la fin de l’entretien, « si la personne manifeste sa volonté de débarrasser sa tasse, elle marquera des points, si elle la laisse traîner sur le bureau en revanche… Cela pourrait bien être rédhibitoire aux yeux du recruteur », explique La Dépêche. Le journal britannique Mirror affirme que Trent Innes ne recrutera personne qui échoue à ce test. Il estime que ce geste en dit plus sur l’attitude d’une personne que n’importe quelle question d’entretien.
Une croyance et non une science
Dès le départ, l’expert souligne que cette méthode n’a rien de scientifique. Elle relève plutôt de croyances dépassées, voire de préjugés. Il prend l’exemple de la chaise au milieu - celle entre trois chaises, par exemple - sur laquelle il était autrefois conseillé de s’asseoir absolument. « C’est une technique qui n’est plus utilisée par les recruteurs depuis les années 1980 », précise-t-il. À la place, il recommande de se baser sur des tests psychologiques scientifiquement validés.
Lors des entretiens, ces examens permettent aux recruteurs de confirmer ou d’infirmer leurs observations personnelles. François Gougeon reconnaît que la posture adoptée par le candidat pendant l’entretien peut jouer un rôle essentiel. « Avec le stress, l’attitude des candidats peut évoluer. Par exemple, certains pourraient passer un bras sur le dossier de leur chaise, ce qui pourrait donner l’impression qu’ils sont à l’aise ou trop décontractés », explique-t-il.
Dans ces situations, les recruteurs ont recours à divers tests scientifiques pour déterminer si ces comportements reflètent véritablement la personnalité du candidat ou s’ils sont le résultat du stress. « Nous ne sommes jamais totalement naturels lors d’un entretien d’embauche », souligne l’expert. « L’objectif n’est en aucun cas de tendre un piège au candidat. Il ne faut surtout pas tirer de conclusions hâtives. »
Alors, peut-on accepter sereinement un café proposé lors d’un entretien ? « Lorsque l’on offre un café, il n’y a pas d’arrière-pensées », assure François Gougeon. « Un candidat stressé est concentré sur son entretien, pas sur sa tasse de café », ajoute-t-il. Donc, la prochaine fois que vous passerez un entretien d’embauche et que votre tasse ou votre verre d’eau traînera un peu, pas de panique, cela ne sera pas nécessairement rédhibitoire.



